e-cus­toms : vers une décla­ra­tion élec­tro­nique en douane

​Le Conseil fédé­ral a décidé la semaine der­nière de pro­po­ser à l’UE des dis­cus­sions explo­ra­toires sur une éven­tuelle par­ti­ci­pa­tion de la Suisse au pro­jet « e-cus­toms ». L’éco­no­mie suisse étant for­te­ment axée sur les expor­ta­tions, il est essen­tiel que le tra­fic de mar­chan­dises inter­na­tio­nal se déroule le mieux pos­sible. Dans cette optique, il est impor­tant de maxi­mi­ser l’ef­fi­ca­cité des for­ma­li­tés doua­nières en intro­dui­sant des pro­cé­dures élec­tro­niques. Pour la Suisse, il s’agit d’ache­ver le por­tail mar­chan­dises élec­tro­nique et d’ex­ploi­ter les sim­pli­fi­ca­tions intro­duites au niveau inter­na­tio­nal.
​Au cours des dix pre­miers mois de cette année, les entre­prises suisses ont exporté et importé des mar­chan­dises pour une valeur avoi­si­nant res­pec­ti­ve­ment 160 et 140 mil­liards de francs. Le fait est que chaque envoi néces­site une décla­ra­tion en douane. Une étude com­man­dée par le SECO montre que les entre­prises qui exportent ou importent des mar­chan­dises rem­plissent chaque année plu­sieurs mil­liers de décla­ra­tions en moyenne. Et chaque décla­ra­tion génère des coûts. Des pro­jets visant à sim­pli­fier les contacts entre les entre­prises et les auto­ri­tés doua­nières ainsi que ceux entre les auto­ri­tés doua­nières natio­nales au moyen de solu­tions infor­ma­tiques sont en cours aux niveaux natio­nal et inter­na­tio­nal. eco­no­mie­suisse salue ces efforts ten­dant à une meilleure coor­di­na­tion des auto­ri­tés doua­nières avec l’éco­no­mie. Les pro­jets doivent satis­faire plu­sieurs cri­tères : ils doivent être pla­ni­fiables et allé­ger les for­ma­li­tés admi­nis­tra­tives. De plus, ils doivent être com­pa­tibles à l’échelle inter­na­tio­nale, com­pé­ti­tifs et tenir compte des besoins des PME. Il importe par ailleurs de noter que l’in­for­ma­ti­sa­tion des for­ma­li­tés doua­nières néces­si­tera des res­sources sup­plé­men­taires à court terme.  

Les pro­jets sui­vants doivent être prio­ri­taires :

- Accord entre la Suisse et l’UE sur la faci­li­ta­tion et la sécu­rité doua­nières : La Suisse s’est enga­gée à inten­si­fier les contrôles de sécu­rité pour le tra­fic de mar­chan­dises avec des États tiers. Une trans­mis­sion sans accrocs des don­nées de sécu­rité par l’ad­mi­nis­tra­tion fédé­rale des douanes revêt une grande impor­tance pour les entre­prises.

- Sta­tut d’opé­ra­teur éco­no­mique auto­risé (OEA) : Les entre­prises qui res­pectent les pres­crip­tions doua­nières et satis­font les exi­gences rela­tives aux sys­tèmes comp­tables et logis­tiques et à la sécu­rité des bâti­ments peuvent deman­der le sta­tut d’OEA à par­tir de 2011. L’uti­lité de ce sta­tut est contes­tée. En effet, il est facul­ta­tif et chaque entre­prise doit déter­mi­ner si une cer­ti­fi­ca­tion est inté­res­sante pour elle. Il est impor­tant pour l’éco­no­mie que la cer­ti­fi­ca­tion puisse être obte­nue à temps et que ce sta­tut soit reconnu par nos prin­ci­paux par­te­naires com­mer­ciaux.

- Web-dec : Pour com­plé­ter le por­tail mar­chan­dises e-dec, il convient de per­mettre le plus rapi­de­ment pos­sible une décla­ra­tion en douane convi­viale via Inter­net.

La pro­chaine étape est l’exa­men d’un rap­pro­che­ment des sys­tèmes de dédoua­ne­ment hel­vé­tique et com­mu­nau­taires. À cet égard, il faut saluer la déci­sion prise la semaine der­nière par le Conseil fédé­ral de pro­po­ser des dis­cus­sions explo­ra­toires à l’UE. En l’état actuel, il n’est pas pos­sible d’éva­luer les consé­quences juri­diques et tech­niques d’un tel rap­pro­che­ment. Il s’agira de les ana­ly­ser en détail conjoin­te­ment avec l’UE.