Prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés: publier les don­nées rela­tives au coro­na­vi­rus par com­mune!

La res­pon­sa­bi­lité indi­vi­duelle joue un rôle impor­tant si nous sou­hai­tons évi­ter une deuxième période de confi­ne­ment. Cela implique notam­ment que les indi­vi­dus conti­nuent d’évi­ter la foule lorsque les res­tric­tions des auto­ri­tés seront entiè­re­ment levées. Ce n’est pas comme à la fin d’une guerre, où le dan­ger dis­pa­raît avec la fin des com­bats. Nous devons désor­mais apprendre à vivre avec le virus. Cela requiert de la res­pon­sa­bi­lité indi­vi­duelle.

La res­pon­sa­bi­lité indi­vi­duelle est déci­sive pour lut­ter contre le virus au sein de l’éco­no­mie et de la popu­la­tion. Les sec­teurs d’ac­ti­vité et les entre­prises ont mis en œuvre leur concept de pro­tec­tion rapi­de­ment et de manière exem­plaire. Afin de per­mettre la réou­ver­ture des maga­sins et des res­tau­rants, sans aug­men­ter exces­si­ve­ment la den­sité de per­sonnes dans les espaces publics, les banques, les com­pa­gnies d’as­su­rance et autres entre­prises se sont enga­gées à pour­suivre en par­tie le télé­tra­vail. L’éco­no­mie contri­bue ainsi à réduire sen­si­ble­ment la pro­ba­bi­lité d’une deuxième vague d’in­fec­tions.

La res­pon­sa­bi­lité indi­vi­duelle, c’est prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés face au dan­ger

Le rôle prin­ci­pal revient tou­te­fois à la popu­la­tion. Elle a appris à se pro­té­ger et à pro­té­ger les autres. Même si la dis­tance de deux mètres n’est pas tou­jours main­te­nue, dans l’en­semble la popu­la­tion se montre dis­ci­pli­née et applique les règles d’hy­giène. Cela est essen­tiel pour évi­ter une nou­velle vague d'in­fec­tions. Cepen­dant, la res­pon­sa­bi­lité indi­vi­duelle, c’est aussi prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés face au dan­ger. Nous rou­lons à vélo, même s’il y a un risque d’ac­ci­dent. Mais ce risque est faible si on roule pru­dem­ment. Nous pou­vons donc en grande par­tie influen­cer le risque. En ce qui concerne le coro­na­vi­rus, nous savons peu de choses du risque encouru. Seules des don­nées natio­nales et can­to­nales sont publiées. Cela n’est pas suf­fi­sant pour éva­luer la situa­tion.

En cas d’aug­men­ta­tion du nombre de cas dans votre can­ton, la pro­ba­bi­lité moyenne d’être infecté reste très faible. Mais si on suit l’évo­lu­tion à l’échelle locale, cela change la donne. Dans l’éven­tua­lité d’une forte hausse des cas dans votre com­mune, votre risque d’in­fec­tion aug­men­te­rait consi­dé­ra­ble­ment. L'ac­cès à cette infor­ma­tion chan­ge­rait radi­ca­le­ment votre appré­cia­tion du risque et vous feriez donc preuve de davan­tage de pru­dence. Des per­sonnes évi­te­raient de se rendre dans la com­mune, tan­dis que les entre­prises et les écoles appli­que­raient plus stric­te­ment les mesures d’hy­giène et les règles d’éloi­gne­ment phy­sique. Autre­ment dit, la moyenne can­to­nale crée une impres­sion de fausse sécu­rité au sein de la popu­la­tion des com­munes où le nombre de cas aug­mente.

Les don­nées par com­mune consti­tue­raient une infor­ma­tion utile pour pou­voir éva­luer les risques

Afin de mieux éva­luer le dan­ger, il serait donc néces­saire de publier les don­nées par com­mune. Connaître le nombre de cas par com­mune ren­for­ce­rait la res­pon­sa­bi­lité indi­vi­duelle au sein de la popu­la­tion et de l’éco­no­mie, et contri­bue­rait ainsi à évi­ter une nou­velle aug­men­ta­tion des cas. La publi­ca­tion de ces don­nées serait un com­plé­ment utile et rem­pla­ce­rait, tem­po­rai­re­ment, une appli­ca­tion de tra­çage. D’au­tant plus que même une appli­ca­tion ne peut pas résoudre tous les pro­blèmes. Elle ne four­nit pas d’in­for­ma­tions sur le risque d'in­fec­tion dans des lieux spé­ci­fiques, mais contri­bue à pré­ve­nir la pro­pa­ga­tion de la mala­die en per­met­tant de suivre des cas indi­vi­duels. Les don­nées par com­mune nous four­ni­raient des infor­ma­tions utiles sur le risque d’in­fec­tion dans les jours à venir. Cela a un effet pré­ven­tif non négli­geable.

Dès lors qu’il est impor­tant que la popu­la­tion et les entre­prises prennent leurs res­pon­sa­bi­li­tés pour pré­ve­nir la pro­pa­ga­tion du virus, il serait judi­cieux de publier immé­dia­te­ment le nombre de cas par com­mune!

Un article paru (en alle­mand) dans la Han­dels­zei­tung le 11 juin 2020.