Le train va dans la mau­vaise direc­tion

Une récente étude de Litra pré­pare le ter­rain pour un chan­ge­ment de poli­tique dans les trans­ports: aug­men­ter la part des trans­ports publics dans la répar­ti­tion modale grâce à des objec­tifs poli­tiques obli­ga­toires et des mesures contrai­gnantes. Les attentes for­mu­lées sont dis­cu­tables du point de vue éco­no­mique et révèlent une vision d’un mar­ché de la mobi­lité éloi­gnée des besoins des clients.

Lors d’une confé­rence de presse en mars der­nier, le Ser­vice d’in­for­ma­tion pour les trans­ports publics (Litra) a pré­senté une étude sur la répar­ti­tion modale des trans­ports de voya­geurs, en com­pa­gnie de l’Of­fice fédé­ral du déve­lop­pe­ment ter­ri­to­rial et de l’Union des trans­ports publics. Cette étude exa­mine l’uti­li­sa­tion actuelle des trans­ports en Suisse sous dif­fé­rents angles et l’in­ter­pré­ta­tion «juste» de la part des trans­ports publics à l’en­semble du tra­fic. La Litra conclut que des objec­tifs et des mesures contrai­gnants pour le tra­fic rou­tier, telles que des réduc­tions de vitesse, la sup­pres­sion de places de par­king, voire de nou­veaux impôts sur le tra­fic indi­vi­duel moto­risé, sont néces­saires pour aug­men­ter la part des trans­ports publics dans la répar­ti­tion modale. Elle pré­co­nise aussi de consa­crer davan­tage de res­sources éta­tiques aux trans­ports publics à des fins de loi­sirs.

CHAN­GER LES HABI­TUDES DES USA­GERS, UNE VISION D’AVE­NIR?

Un mono­pole financé majo­ri­tai­re­ment par les pou­voirs publics pro­pose d’uti­li­ser ses res­sources et de s’en­ga­ger poli­ti­que­ment pour faire chan­ger les habi­tudes de la popu­la­tion, dans le but d’aug­men­ter sa propre part de mar­ché. On pour­rait inter­pré­ter ainsi la posi­tion des repré­sen­tants de la branche des trans­ports publics. L’ob­jec­tif de main­te­nir les struc­tures exis­tantes, asso­cié à l’idée qu’on puisse obli­ger la popu­la­tion à chan­ger ses habi­tudes à coups de sub­ven­tions, d’im­pôts et de res­tric­tions, ne repré­sente pas une vision très sti­mu­lante pour l’ave­nir.

Zwei Züge stehen auf den Gleisen

EXPLOI­TER LES SYNER­GIES AU LIEU DE DEMAN­DER DES SUB­VEN­TIONS

La Consti­tu­tion pré­voit que l’État veille à ce qu’une offre de trans­port public avan­ta­geuse soit pro­po­sée sur tout le ter­ri­toire. À cet égard, il est cer­tai­ne­ment sou­hai­table de pla­cer l’uti­lité pour les clients au centre et d’aug­men­ter les syner­gies entre les dif­fé­rents modes de trans­port. Cela amé­lio­re­rait l’at­trac­ti­vité – et donc l’uti­lité éco­no­mique des trans­ports publics.

En tant qu’usa­ger quo­ti­dien des trans­ports publics, j’ap­pré­cie beau­coup l’amé­lio­ra­tion constante de l’offre. Cepen­dant, je sais aussi qu’il serait pos­sible de pro­po­ser des ser­vices moins oné­reux et plus inno­vants (débat sur le wifi dans les trains, par exemple).

SE FOCA­LI­SER SUR LA MOBI­LITE AU LIEU DE CHER­CHER A SUB­VEN­TION­NER LES TRANS­PORTS PUBLICS

Dans le domaine de la mobi­lité, l’ob­jec­tif ne devrait pas être d’im­po­ser l’uti­li­sa­tion des trans­ports publics. Au contraire, il faut déve­lop­per une mobi­lité inté­grant les besoins des clients, inter­con­nec­tée et mul­ti­mo­dale, sans entraves, effi­cace et à faibles émis­sions voire sans émis­sions. Des trans­ports publics non com­pé­ti­tifs et impo­sés par les milieux poli­tiques sont une mau­vaise approche.